L'accompagnement spécialisé et adapté en habitat regroupé ou diffus pour une solution intermédiaire entre le domicile ordinaire et le foyer d'accueil médicalisé.
La personne à mobilité réduite prend une place essentielle au cœur de notre établissement. Au-delà du handicap, nous devons considérer la personne en tant qu’être responsable, c’est-à-dire avec des droits et des devoirs, un être qui prend sa « vie blessée » en charge comme acteur principal.
Afin de lui faciliter son quotidien, nous avons définit des droits et des devoirs qui nous ont parus fondamentaux, pour qu’enfin la fatalité de sa vie devienne plus tolérable, respectable et digne.
LA PERSONNE ET SON INTEGRITE PHYSIQUE ET MORALE
A) LES BESOINS DE BASE
La personne handicapée au sein de l’institution a droit à tous les soins qui lui permettent de vivre au mieux sa différence et en particulier elle a le droit de :
recevoir des soins d’hygiène et de confort avec délicatesse, confiance et professionnalisme,
d’assouvir ses besoins alimentaires à son rythme, selon ses goûts, ses croyances et sa culture, dans la mesure du possible,
de se reposer, se détendre dans la plus grande sérénité,
d’évoluer dans un cadre de vie confortable et sécurisant,
de se vêtir selon son style et ses goûts dans la limite de l’acceptable pour autrui,
d’avoir un suivi médical sérieux en terme préventif ou curatif,
d’avoir un diagnostic et des soins adaptés par des professionnels compétents,
d’avoir des informations concernant sa santé, lui permettant ainsi de mettre en œuvre tous les moyens d’accéder à son processus de guérison ou simplement de s’affirmer en tant qu’être unique responsable de sa vie,
d’exprimer sa douleur, de se faire entendre et de recevoir à tout moment des réponses adaptées à ces situations pénibles et délicates.
En contre partie, elle a le devoir de :
participer à sa propre prise en charge dans la mesure de ses moyens,
de participer aux soins qui lui sont prodigués à chaque fois que cela est possible,
d’accepter les contraintes médicales et institutionnelles mise en place pour protéger son intégrité ainsi que celles des autres.
B) LE DEVELOPPEMENT PERSONNEL
Dès que la personne a reçu les soins de base, lui assurant un minimun vital, il a le droit et le plaisir d’exister dans un climat de confiance, de sécurité et de respect. La personne a le droit d’être considérée comme un adulte pouvant donner un sens à sa vie et capable d’en assurer les conséquences.
La personne handicapée a le droit de :
développer ses ressources propres et construire un projet de vie, d’exprimer son désir d’apprendre, préserver ses possibilités de croissance et d’avoir à ce sujet une aide précieuse si besoin est, grâce à son référent,
se positionner face aux évènements clés de sa vie (relations, engagements, souffrance, mort) et de recevoir le soutien nécessaire pour les vivre,
au respect de ses convictions, qu’elles soient religieuses, morales, politiques ou philosophiques,
s’engager dans un groupe de réflexion ou d’actions sans être inquiétée par ses convictions,
intégrer l’établissement ou de le quitter après en avoir sérieusement mesurer l’impact sur sa vie future,
accéder à des activités favorisant sa corporalité et son psychisme,
établir des contacts avec les personnes de son choix sans discrimination possible et d’en fixer les limites,
communiquer et partager ses opinions, ses besoins, ses désirs, ses peurs, ses attentes, ses convictions,
construire un vie affective et sexuelle respectueuse et respectée. La personne handicapée a le droit à une vie de couple, qui toutefois ne paraît pas possible dans le cadre de notre institution, compte tenu de l’espace matériel.
Si une telle situation survenait, il serait intéressant d’accompagner ce couple vers une vie en milieu ordinaire dans le cadre du service médicalisé à domicile,
à un accompagnement et à une écoute empathique face à sa détresse compte-tenu de sa grande dépendance, de sa maladie ou même de son âge,
En contre partie, elle a le devoir de :
respecter les valeurs institutionnelles (c’est-à-dire respect de soi, de l’autre, respect de la vie privée, liberté d’expression, d’opinion …) et les règles de vie qui en découlent,
poser un choix parmi les activités utiles à son développement,
respecter les limites posées par les intervenants,
d’assistance à personnes en danger ou en difficulté dans la mesure de ses moyens,
d’assumer les conséquences de ses actes lorsqu’ils sont dommageables pour autrui ou pour elle-même,
respecter les convictions d’autrui,
d’accepter les soins et les modifications de vie que requiert son état ou de les subir si sa conscience est atteinte.
C) LA FORMATION ET L’INFORMATION
La formation et l’information sont deux éléments qui vont lui permettre d’acquérir plus de liberté et d’autonomie dans chaque acte précieux de sa vie.
Par conséquent la personne handicapée a le droit de :
s’exprimer librement avec le mode d’expression qui lui sera le plus aisé,
de créer des associations, ou de s’engager dans une organisation visant à
l’intégrer de manière active dans la société,
recevoir la formation de son choix, pour augmenter ses capacités, favoriser son développement et améliorer ainsi son ouverture sur le monde,
d’avoir accès à toutes informations favorisant l’aisance de son quotidien, et ses rapports avec la vie intra et extra muros. En particulier, elle a le droit de demander un accès internet, pour consulter en l’occurrence le site de la Charte « commune et handicap » lui permettant de connaître la politique engagée au niveau de l’accessibilité dans sa commune.
En contre partie, elle a le devoir de :
participer de manière passive ou active à toutes informations concernant la vie du foyer afin d’appréhender son existence le plus librement et sereinement possible, sans avoir à subir le poids de l’institution.
LA PERSONNE ET LE GROUPE HUMAIN
A) LA PERSONNE ET LA CITOYENNETE
La personne handicapée est un membre à part entière de la société. Elle a le droit d’être reconnue comme un citoyen. Dans la limite de sa sécurité et celle des autres, chaque personne a le droit de partager la vie de notre société.
La personne handicapée a le droit de :
d’être reconnue et respectée dans ses différences et de participer à la vie associative de sa région,
de se faire aider pour assumer sa citoyenneté, et ainsi participer au droit de vote si aucune mesure ne l’en empêche,
d’avoir accès aux moyens nécessaires pour se rendre aux endroits qu’elle a choisi sans entrave,
En contre partie, elle a le devoir de :
d’accepter le bénéfice d’une tutelle qualifiée, si cela s’avère indispensable pour sa protection et celle de ses biens,
de respecter les règles de vie, les lois de notre société et de notre culture,
respecter les règles de bon voisinage.
B) LA PERSONNE ET LA FAMILLE :
Les origines de tout individu font partie intégrante de sa personnalité. La famille est la première notion de groupéité pour l’homme et sa structuration. La personne en institution a donc le droit de voir ses racines reconnues et s’il le désire sa famille peut prendre la place qu’il aura envie de lui donner. Ainsi à chaque fois qu’il sera possible, l’institution favorisera ces échanges dans un climat de confiance, respect et discrétion. Cette notion paraît primordiale et même souhaitable pour perpétuer un affectif souvent amoindri dans cette vie douloureuse.
Par conséquent la personne handicapée a le droit de :
connaître son histoire ainsi que celle de sa famille d’origine,
demander une reprise de contact avec sa famille s’il y a lieu,
être accompagnée dans les difficultés de son histoire (conflit, maladie, décès…),
demander le soutien de sa famille quand elle rencontre des difficultés,
refuser les rencontres avec sa famille, si cette dernière le met en difficulté tant physique que morale,
s’exprimer librement quant à ses choix familiaux.
de poser le cadre en matière d’échange entre l’institution et sa famille.
En contre partie, elle a le devoir de :
respect envers sa famille,
porter assistance à sa famille dans la mesure de son possible.
LA PERSONNE ET L’INSTITUTION
L’institution peut-être lourde de conséquences pour la vie de la personne en situation de dépendance dans la mesure où elle est souvent le résultat d’un manque de choix de l’être quant au déroulement de sa vie.
Nous devons alors être très vigilants dans notre accueil, notre accompagnement, afin de ne pas ajouter de la souffrance, voir de la dépendance supplémentaire à ces personnes vivant déjà trop souvent par procuration.
Nous devons être facilitateurs et de ce fait participer au mieux pour qu’il ait droit à un « chez soi », un lieu de vie privée, un espace où il puisse établir des relations humaines privilégiées.
En l’occurrence, il a le droit de :
poser des choix dans cet espace (en terme d’agencement, mobilier, décoration…),
partager cet espace avec les personnes de son choix,
à une intimité physique et morale,
Aussi il a le devoir de :
être responsable de ce lieu privé, responsable de l’hygiène de cet espace,
respecter le travail des personnes qui interviennent chez lui ainsi que le devoir d’accepter l’intervention motivée des équipes professionnelles diverses,
refuser l’entrée d’une personne non désirée dans ce lieu,
respecter les espaces privés d’autrui.
LA PERSONNE ET SON TEMPS LIBRE
Chaque personne a le droit de disposer de temps libre et de l'occuper comme il l’entend par des activités de son choix. Cet espace de temps libre paraît primordial dans l’idée de donner « sens à sa vie », de s’octroyer la liberté de décider de son existence. L’acteur sera au meilleur de son interprétation si l’institution aura été facilitatrice de « mieux –être ».
Ainsi l’individu a le droit de :
d’exprimer des choix sur le contenu de ses activités, ou éventuellement le choix d’inactivités temporaires éventuellement,
d’être informé de toute manifestation culturelle, sportive, civique…sur le plan local, national et international à laquelle il lui est loisible de participer,
de se voir proposer par l’établissement des activités lui permettant de se détendre, se cultiver ou simplement maintenir une communication avec autrui,
En contre partie, il a le devoir de :
poser un choix parmi les propositions qui lui sont faites en matière occupationnelle,
participer financièrement à ses différentes activités,
de susciter « l’envie de » chez une personne en difficulté, dans le cadre d’une relation d’aide.